Google+ Followers

Wednesday, March 26, 2014

Société Jamais-Jamais presents 'Alibis' - Pam Brown


poems in English and French by Pam Brown
translated by Jane Zemiro
Now available. Order a copy here.
Here's an extract:
 
Scenes 

what’s graspable
on the starless night
of the blackout
as the gleaming cars 
snake cautiously 
up around 
that hillside curve
is the way
the absence of street light
suggests the past -
not a past
I ever knew,
but one I make up, tonight

a boy slides through it
on a silver scooter,
coming back
from synagogue,
curly tails 
dangling beneath 
an embroidered yarmulke
perched like a lid
to imagination’s
reckless feats 
or dimmer prospects -
sets of fraying notebooks 
filled with scripture

     *
over the road
two very stoned spectres 
can’t figure out
how to turn off
the one 
working headlight
on their old
silver BMW
so they leave it on
& hurry off
on foot,
jerkily,
on pills probably,
fags attached
to lower lips,
flat battery 
a portent

     *

an intense white light
shines down 
through folding greys
on the isolated city -
it transforms
to a plastic model,
to a distant maquette,
like toys on my horizon

that white plastic bag
has been drifting
from the gutter
to the road
for three days,
when the rainwater 
carries it off 
to the Tasman Sea
I think I’ll miss it 

*  *  *  *  *  *  *

Scènes

ce qu'on peut saisir
par cette nuit sans étoiles
alors que des voitures reluisantes
serpentent prudemment
le long d'un virage de la colline
c'est la façon
dont l'absence d'éclairage des rues
évoque le passé -
pas un passé que
j'aie jamais connu
mais celui que j'invente, ce soir

un garçon glisse dans la rue 
sur un scooter en argent,
il revient 
de la synagogue,
des frisettes
qui pendent sous son yarmulke brodé
perché comme un couvercle
sur des exploits téméraires 
de l'imagination
ou peut-être même -
une série de cahiers effilochés
remplis de textes sacrés

    *

de l'autre côté de la route
deux spectres complètement défoncés
n'arrivent pas à comprendre
comment éteindre
le seul phare
qui fonctionne encore
de leur vieille BMW argentée
alors ils y renoncent et se sauvent
à pied,
par à-coups,
bourrés de médicaments sans doute 
une clope attachée
à la lèvre inférieure,
la batterie plate
un présage

    *

une lumière blanche, intense
perce 
les plis de gris 
couvrant et isolant la cité - 
elle se transforme
devient un modèle en plastique,
une maquette lointaine,
comme des jouets sur mon horizon

ce sac blanc en plastique
vole à la dérive
du caniveau
jusqu'à la route
depuis trois jours,
la pluie
finira par l'emporter
dans la mer de Tasman
je crois qu'il va me manquer

No comments: